Les dessous de la Coup d’Afrique de Nations 2015: Pourquoi Obiang a organisé la CAN

L’apparition de la CORED sur la scène politique de notre pays, avec la tenue de sa première conférence le 28 Janvier 2014 à Paris, le bon accueil par le peuple et sa nouvelle approche par laquelle la normalisation de la vie politique dans notre pays doit passer par la démission du président Obiang, a poussé le régime dans ses derniers retranchements.

Car dans un moment où le régime avait réussi à neutraliser toute opposition, tant intérieure qu’extérieure, la CORED se présentait comme un obstacle aux plans de succession héréditaire. Dès ce moment, le régime a cherché toutes les stratégies pour mettre fin à la CORED, à commencer par faire bloc contre la CORED avec l’opposition dite légalisée dans le pays, pour finir par la convocation d’une table ronde de dialogue national. Pour attirer la CORED, reconnaissant par conséquent pour la première fois en 46 ans de dictature l’existence d’une opposition externe, le régime a déclaré une loi d’amnistie.

Lorsque les services occidentaux révèlent à la CORED avec beaucoup de détails, le plan qu’Obiang et son épouse Constancia Mangue avaient mis en place pour assassiner les dirigeants de la CORED s’ils s’étaient rendus à la table ronde du dialogue national, il est devenu clair pourquoi cette tentative dialogue n’a eu aucun effet dans la normalisation de la situation politique du pays.

Toutefois, pour ne pas donner des explications sur l’échec de la table ronde du dialogue national, le Dictateur profite du drame d’Ebola pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations à deux mois avant l’évènement sportif, dans une période de récession économique due à la baisse de la production et du prix du pétrole à l’origine de fermetures d’entreprises et de pertes massives d’emplois.

De plus, organiser la CAN rentre dans une stratégie de gouvernement qu’Obiang utilise pour se maintenir au pouvoir. Il s’agit du clientélisme national et international, en accordant des marchés à qui bon lui semble, des pays de l’est à ceux de l’ouest, de ceux du nord à ceux du sud, dans le seul but de diversifier les partenaires ; organisation de grands événements et de dons, tous ces actions sont destinée à contourner les pressions internationales contre la répression de son peuple. Cette stratégie permet en même temps de détourner de grandes sommes d’argent des caisses de l’État et de bénéficier à l’ensemble de la chaîne clientéliste au niveau national à même temps qu’il réussi à distraire le peuple comme au temps de l’empire romain, panem et circenses.

A titre d’exemple, en quatre ans, un petit pays de 740 000 habitants, a organisé deux «sommets» de l’Union Africaine et deux Coupes d’Afrique des Nations. La question des biens mal acquis, dans laquelle est impliqué son fils Teodorin, est seulement une petite partie du réseau de corruptions et de détournements de fonds publics qu’Obiang, sa famille et ses collaborateurs ont pratiqué pendant les 20 ans et plus de l’exploitation pétrolière, lorsque le PIB par habitant est passé de $300 à $24,000, tandis que le taux de pauvreté augmentait de 70% à 80% sur la même période.

Pour donner une apparence de succès à l’organisation de la CAN, le régime a atteint son paroxysme ; il n’a épargné aucun effort pour utiliser cet événement sportif destiné à opprimer et à humilier le Peuple et en même temps à gaspiller des fonds publics.

• Pour assurer et garantir la soumission du peuple, quelque 400 militaires zimbabwéens, la police d’Angola et du Cameroun ont été dépêché sur place afin d’assurer la sécurité de l’événement.

• Le régime emprisonne tout opposant qui manifeste contre la célébration de la CAN.

• Oblige les fonctionnaires à acheter des billets pour ne pas être renvoyé de leur emploi; oblige les entreprises à acheter des billets pour leurs employés si elles veulent continuer à obtenir des marchés publics.

• Obiang a acheté 40.000 billets d’entrée et a obligé les membres de son gouvernement à faire de même pour les donner gratuitement au peuple. C’est la première fois dans l’histoire de la CAN que les billets d’entrée sont distribués gratuitement au peuple.

• La distribution gratuite sans contrôle des billets d’entrées provoque des incidents aux portes des stades, a Bata, les jeunes avec des billets indignés d’être contrôlés par des forces étrangères s’affrontent à eux. A Malabo nous avons assisté, lors du Match Guinée Equatorial Ghana, à la manifestation de frustration de ces jeunes en jetant des objets sur le terrain.

En dehors des caméras, le régime réalise comme à son habitude des rafles de jeunes torturés avec brutalité dans des centres de détention à Bata. Les mêmes rafles se produit à Malabo actuellement.

Obiang a voulu utilisé la fête du football africain pour donner une bouffée d’oxygène à son régime. Mais quand le coup de sifflet final sera donné, le peuple équato-guinéen retournera à sa réalité, la réalité d’un pays au bord de l’explosion sociale, ruiné par une bande de délinquants et de criminels appelés « dirigeants ».

Sur la base de ce qui précède, et en raison de la dérive qui enfonce notre pays, la CORED fait un nouvel appel à la communauté internationale : “Les gouvernements, les institutions, les ONG, la presse internationale et toutes les personnes sensibles au drame du peuple guinéen » afin de soutenir énergiquement le peuple équato-guinéen dans sa lutte pour se libérer d’une dictature familiale, au pouvoir depuis plus de 46 ans et à apporter leur soutien à l’alternative que constitue la CORED.

Paris, 5 Février 2015

LA CORED

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