Nouvelles élections frauduleuses en Guinée Équatoriale

Communiqué de Presse

Le Parti CORED annonce qu’il ne participera pas aux élections présidentielles du 24 avril 2016, précipitamment annoncée par le régime d’Obiang, après avoir constaté que celles-ci ne tiennent pas compte des conditions d’organisation d’élections libres et transparentes stipulées dans la « Déclaration de Madrid ».

Cette annonce impétueuse de ces élections présidentielles en dehors de la date légale sur la base de « conditions particulières », est illégale dans la mesure où il n’existe aucune circonstance particulière  justifiant cette prérogative. La seule circonstance particulière est la manifestation d’une volonté de changement politique pressante de notre peuple par des élections démocratiques, libres et transparentes. Selon le Parti CORED les seules raisons qui justifieraient cette convocation sont :

  1. Éviter l’organisation d’une vraie force d’opposition à l’intérieur du pays, malgré les nombreuses tentatives vaines du régime pour freiner et annuler notre action politique en utilisant des agents infiltrés qui avaient été expulsés (Salomón Abeso Ndong, Emily Jarh Nchama et Filberto Ntutumu Mabale) le Parti CORED dispose déjà d’une présence effective en Guinée équatoriale. Le régime, qui suit de près nos activités, a été informé de notre meeting du  22 février dernier au cours duquel ont été élus 12 représentants régionaux et de districts, ainsi que les coordinateurs de l’organisation de la jeunesse du Parti CORED. Notre deuxième action était  donc la grande rencontre nationale qui aurait renforcé la légalisation du Parti CORED, tout en continuant d’exiger des élections libres et transparentes. Le régime sait qu’il ne peut plus considérer le Parti CORED comme un parti en exil.
  2. Suite à l’incident du dernier meeting autorisé d’un nouveau parti de l’opposition récemment légalisé, le régime a pris la mesure de la frustration du peuple, aujourd’hui disposé à suivre n’importe quel parti se présentant comme leader. Pourtant conscient que ces partis légalisés ne sont créés que pour jouer un rôle de figuration, le régime sait aujourd’hui qu’une campagne plus longue pourrait avoir des conséquences défavorables pour lui.  C’est pourquoi  le régime a décrété 14 jours de la campagne électorale seulement, l’opposition – supposée divisée – sera  strictement contrôlée. Ils recevront comme compensation la somme de 400 millions de francs CFA pour chacun de ses candidats.
  3. Compte-tenu de ces paramètres, le régime d’Obiang avance la date des élections dans cette période où d’autres dictatures telles que celles du Congo, Gabon, du Tchad et Djibouti organise eux aussi des élections, sachant que ces élections sont susceptibles de troubles par la contestation de leur peuples et  attirerons sur elles l’attention de la Communauté Internationale. Obiang espère donc que l’actualité électorale  en Guinée Equatoriale passe inaperçue à l’international, s’il parvient à contrôler tout mouvement populaire. Le régime opte ainsi pour une stratégie de risques partagés, et pourra justifier son recours à la violence pour réduire au silence toute protestation comme le font les autres pays.

Comme nous le dénoncions, Obiang est déterminé à opérer une succession héréditaire en Guinée Équatoriale, puisque ses intentions se confirment : Il se légitimera par de nouvelles élections frauduleuses et démissionnera en faveur de son fils.

Ce comportement d’Obiang laisse entendre qu’il n’abandonnera pas le pouvoir de manière démocratique et met tout en œuvre pour être à nouveau légitimé d’une manière frauduleuse.

Parmi ses nombreuses violations de la Constitution  telles que,  le recensement électoral d’à peine 27 % de la population (représentant 332 040 électeurs) sur  1 222 442 d’habitants (publié en 2015), l’annonce en hâte de la date des élections,  le Parti CORED dénonce tout particulièrement  la violation de l’article 35 constitution pour créer  un nouveau adversaire .

En effet, connaissant le désespoir du peuple de la Guinée équatoriale, son désir de changement et le manque de soutien populaire au CPDS, jusque-là présenté internationalement comme le principal parti d’opposition, a continué de légitimer le régime au cours des trois dernières élections : le régime gagne à 97%  en moyenne et accorde au CPDS un seul député dans une chambre en comportant 100. Obiang a décidé de créer un nouvel « adversaire larbin » du pouvoir, autorisé à organiser des réunions publiques et à participer aux élections sans avoir changé la loi de  création partis politique qui reprends les articles de la constitution, modification demandée par le Parti CORED dans la « Déclaration de Madrid ». En effet, Gabriel Nze Obiang, ex officier de l’armée et ancien chef militaire du cabinet d’Obiang exilé en Espagne, se transforme en adversaire politique, fait légaliser son parti et se voit autorisé à se présenter aux  prochaines élections sans que le point c) de l‘Art 35 de la constitution,  qui exige d’avoir vécu les cinq dernières années en Guinée Equatoriale ne soit modifié.

Le régime entend poursuivre sa dictature dans une succession héréditaire avec son deuxième vice-président inconstitutionnel, Teodoro Nguema Obiang et un nouveau leader politique inconstitutionnel, Gabriel Nze Obiang, toléré mais impliqué dans l’histoire de la répression militaire : le génocide de l’ethnie  minoritaire Bubi de l’île de Bioko en 1999, en prenant la tête du tribunal militaire qui aura condamné 127 jeunes de cette ethnie, dont la plupart sont morts torturés en prison.

Ces évènements se produisent au cœur d’un mécontentement social croissant dû à la crise économique causée par la baisse de la production et les prix du pétrole, impactant sur la fermeture des entreprises, la perte d’emploi, le manque de combustible et d’électricité dans les principales villes du pays etc.

Par ces faits, le Parti CORED :

  1. Fait savoir qu’il entame avec le peuple, à partir de cette date, toutes les actions non violentes à sa portée, pour boycotter les élections présidentielles et exiger du régime la mise en place d’un processus démocratique.
  2. Sollicite toutes les instances de la Communauté Internationale à ne plus fermer les yeux face aux  abus permanents du Président Obiang envers son peuple et d’exercer sur son régime les pressions nécessaires pour ne pas donner caution aux résultats de ces élections, en se prononçant dès maintenant sur l’illégalité de cette élection.

La Guinée Équatoriale est sur le point d’être déstabilisée, un éclatement de violence pourrait avoir de nombreuses conséquences imprévisibles.

Paris le 15 mars 2016

Raimundo Ela Nsang
Secrétaire General

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